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Comme les panneaux avec les noms de rues de Bucarest rappellent ceux de Paris, allons y pénétrer dans les secrets d’une rue représentative pour Bucarest, dont le nom n’est pas accidentel.

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Strada Franceza au gré de l’histoire.

Mentionnée pour la première fois en 1649, comme la rue de la Cour, la rue apparaît dans un document de 1659 sous le nom de la rue Royale.

Plus tard, lors la parution des ateliers des ‘islicari’ (les artisans qui confectionnaient des bonnets en fourrure qui coiffaient la tête des boyards, dont le rang était reflété par le dimension de ce bonnet) en 1789, le nom de la rue devient Uliţa Işlicarilor.

La rue a reçu le nom strada Franceza en 1798 lorsque le Consulat Français s’y trouvait. Le consul parcourait à pied la distance entre le Consulat et le nouveau palais situé sur la colline Spirei.

En 1878, elle acquiert le nom de Carol jusqu’à la chute de la monarchie (le 30 décembre 1947) l’ironie du sort fait qu’en 1949 son nom est la rue 30 Décembre.

En 1989, pour détruire toute trace du régime communiste la rue est baptisée Iuliu Maniu, à l’honneur de cet homme politique roumain, premier ministre de Royaume de Roumanie à trois reprises, président du Parti national paysan, détenu politique dès 1947 et décédé en prison.

En 2007, un boulevard s’appelle Iuliu Maniu et depuis, la rue Franceza a repris son nom de 1798.

 

Une rue-musée

L’artère mérite ce surnom, sans doute, non seulement parce qu’on y trouve une trentaine de bâtiments déclarés comme monuments historiques, mais aussi parce que certains remontent au XVIe siècle.

L’Ensemble architectural Strada Franceză de la fin du XIXe siècle renferme des maisons construites vers 1850 (pas avant vu le grand feu de 1847).

Les maisons restées debout valent le détour: La maison aux cariatides, La maison au balconnet, La maison Iulia Hasdeu, La maison au coin aplati, La maison aux encadrements, La maison des balcons, La maison de la ferronnerie, La maison-boutique, La maison ‘empire’ de Petrovici.

Une période de modernisation de la rue remonte aux années 1894-1900 (alignement des bâtiments, le pavage, l’introduction de drainage, la construction du Palais de la Poste – l’actuel Musée de l’Histoire).

Elle est la première rue pavée de pierre cubique amenée d’Ecosse (1860) et la première rue à recevoir la canalisation.

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Symboles
Trois bâtiments tiennent l’affiche dans cette rue :

Curtea Veche (la Vieille Cour Princière) construite en tant que résidence pendant la règne de Vlad III l’Empaleur au XVe siècle.

Hanul lui Manuc – l’Auberge de Manuc (construite entre 1806 et 1808 par le négociant arménien Emanuel Marzoian qui appelé Manuc Bey par les Turcs qui parlait plusieurs langue étrangères et était connu pour son don des affaires et sa finesse qui lui fait une place dans la vie mondaine parisienne comme auprès des religieux roumains

L’église Sf Dumitru- Posta (Saint Dimitris-Poste) derrière le Palais des Postes – l’actuel Musée de l’Histoire appelée aussi ‘l’église du serment’ (cf. coutume qui demandait au défendant et au défendeur de prêter serment devant les portes de dire la vérité).

 

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Des mythes urbains: L’orphelinat hanté de la strada Franceza

L’histoire orale a réservé un ‘chapitre’ spécial aux ‘âmes tourmentées’ de coins sombres des maisons de la strada Franceza. Un tel endroit est relié aux numéros 13 et 14, où des nos jour il y a un restaurant. Peu de gens savent que cette maison aux volets fermés depuis des décennies abritait jadis 203 esprits d’enfants torturés. On dit qu’il y’avait un orphelinat où les enfants de la rue étaient amenés et puis ils disparaissaient à jamais. Le propriétaire de la maison, Stavrache Hagi – Orman ne leur donnait à manger et ils ‘jeûnaient’ jusqu’à l’épuisement ravi de leurs cris de faim. Beaucoup de gens qui erraient dans la rue après minuit diraient avaient entendu des cris tels: ’Nous voulons de l’eau ! De l’Eau’

 

Petite rue piétonne, au cœur du quartier historique Lipscani (quartier de ruelles pavées), la strada Franceza est un lieu de rencontres, un cœur animé de Bucarest qui draine toutes les populations et surtout un objectif à ne pas manquer lors une visite à Bucarest.

de Antonia Bogdan

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